Parler pour ne rien dire, c'est tellement chic que tu peux pas y échapper.
Un blog perso, est, comme joliment dit ( que la langue française est merveilleuse), personnel .Donc on y marque ce qu'on veut. Donc on y déballe sa vie sur un plateau. Sa gueule de poulpe atrophié, les cours, les potes, le dernier épisode qui passe sur m6, la plus grosse "tehon d'ta life ! " et comment tes parents te soulent parce qu'ils t'ont engueulé car tu avais '' seulement dépassé un chouiia le crédit. 80¤, c'est pas la mort quand même ! " les ongles ( "putain, genre c'est trop chiant! J'suis trop stressée pour le dernier épisode de Prison Break, j'me suis rongé les ongles, la grosse rage je voulais mettre mon dernier vernis ! " *tape du pied*) , les vêtements, les profs, le keum/la meuf de ta VIE ( tu le connais depuis 2 semaines mais c'est LUI ! ( ou le mec mignon en terminal, a voir ), la santé de la famille, des vieux amis, du chiens, des aisselles. . . Raconter sa vie, c'est tellement bien, alors si en plus on peut l'écrire et avoir un maaaaaaax de com's à la con . . .!
Jouissance absolue \o/
. . . Nah -_- .
Plus grand chose à dire, et si je l'ouvre c'est pour me plaindre et dire de la merde. AUCUN INTÉRÊT.
Au moins je peux prévenir ma futur absence du monde webitique, dut à un déménagement qui se met doucement violemment en place.
oLe pc rame.
oMon P4 fait encore chier.
oJ'ai mal au ventre.
oSemaine remplie d'épreuves et de ds.
oMarre de faire les cartons de déménagement.
.
En plus il pleut . . .
"[. . .] -On met de la musique ?
Elle secoue de la tête et dit:
-Non, tranquille.
Alors je parle.
-Lili, tu as déjà fait des balades en voiture, non ? Tu sais, comme quand on met des heures pour aller jusqu'au bord de la mer, ou jusqu'à un volcan et qu'on part tôt le matin ? On a les yeux qui font mal, et plus tard, on boit du thé à la gourde, dans un joli coin, et à midi on mange des boulettes de riz, assis dans un pré-tu vois quoi ? Une de ces balades comme on en a tous fait.
" Tu es dans la bagnole et tu penses à des tas de chose, c'est bien ça, non ? "En partant de la maison ce matin, pas moyens de mettre la main sur le filtre de l'appareil photo ; qu'est ce que j'ai pu en foutre ? Et cette actrice à la télé, hier, comment s'appelle t-elle, déjà ? Merde, j'ai un lacet qui va craquer. J'ai une de ces trouilles qu'on ait un accident ! Je me demande si j'ai fini ou non ma croissance ..." Des tas d'idées comme ça, quoi. Et toutes ces pensées qui te passent par la tête se superposent aux paysages que tu vois filer le long de la voiture.
" Les maisons, les champs se rapprochent lentement et puis glissent et disparaissent comme s'ils tombaient derrière toi, pas vrai ? Et tout ce théâtre se mélange à ce que tu as dans la tête. Les gens qui attendent à un arrêt d'autobus : un type bien habillé qui titube, complètement soûl ; une vielle femme qui pousse une charrette croulant sous les mandarines ; des champs de fleurs ; des ports ; des centrales électriques... Tout ça t'arrive dessus et s'évanouit aussi vite que c'est venu, tant et si bien que ça se mêle avec les pensées précédentes - tu comprend ce que je veux dire ? Le filtre à photo, les champs de fleurs, les centrales électriques, tout ça s'assemble. Et ensuite, moi, je malaxe à ma guise, je mélange lentement les choses que je vois et celles que je pense. Ça prend du longtemps ; ça suppose que j'aille chercher au fond de ma mémoire des rêves, des livres que j'ai lus, des souvenirs, pour en faire une photo, oui ! c'est ça, une sorte de scène genre photo-souvenir.
" Et, morceau par morceau, j'y incorpore au fur et à mesure les paysages nouveaux qui surviennent à chaque instants, et à la fin la photo est pleine de gens qui parlent, chantent, bougent, tu me suis ? Alors, chaque fois, oui, chaque fois ça devient comme un énorme palais, c'est ça, oui, ça fait comme si j'avais un immense palais dans la tête, avec des foules de gens qui se retrouvent, se rassemblent et font toutes sortes de trucs.
" Et après, je n'ai plus qu'à achever le palais et à regarder à l'intérieur. Et c'est follement amusant : exactement comme de regarder la Terre de très haut dans l'espace, plus haut que les nuages. Parce que, tu comprends, il y a tout là-dedans, tout ce qui existe au monde : toutes sortes de gens parlant toutes sortes de langues, toutes sorte de style dans les colonnes du palais, tous les produits d'alimentation et tous les mets étalés là.
" C'est mille fois plus vaste et plus détaillé qu'un décor de film, par exemple. Quand je dis toutes sortes de gens, c'est vraiment ça. Des aveugles, des mendiants, des infirmes, des clowns, des nains, des généraux constellés d'or, des soldats couverts de sang, des cannibales et des Noirs de carnaval, des prima donna,, des matadors, des ''Monsieur Muscle" champion de la gonflette, des nomades qui prient dans le désert - tous réunis là et occupés à quelque chose. Et moi je regarde.
" Et il est toujours situé au bord de la mer, ce palais, mon palais. Et il est beau. Point.
" C'est comme si j'avais mon parc d'attraction à moi, comme si je pouvais aller au pays des fées quand ça me chante. Je n'ai qu'a presser le bouton et les personnages se mettent à bouger.
" Et je m'amuse de cette manière, jusqu'à ce que la voiture arrive à destination. Alors, je dois aider à sortir les bagages, à dresser la tente ; ensuite il faut enfiler un maillot de bain, et je ne parle pas des gens qui parlent et à qui il faut répondre. A ce moment là, j'ai bien du mal à le protéger, mon palais qui m'a coûté tant de peine. Quand on viens me raconter que l'eau est belle, qu'elle n'est pas polluée et tout, il n'en reste plus rien, de mon palais, ça fiche tout par terre - tu me comprends, dis, Lili ?
" Une fois où on était grimpé jusqu'au sommet d'un volcan en activité, un vrai, un célèbre, dans le Kyûshû, quand j'ai vu jaillir les cendres et les scories enflammées, brusquement j'ai eu envie de faire sauter mon palais. Non seulement ça, mais avant déjà, dès les premières odeur de soufre dans l'air, le cordon Bickford des pétards de dynamite s'était allumé. Suffit d'une guerre, Lili, tu sais, et fini, plus de palais. Les toubibs courent dans tous les sens, les officiers crient '' En avant ! " - trop tard ! Le sol éclate et les pieds volent en l'air. Dès l'instant que la guerre est commencée, ce n'est pas comme si j'avais quelque chose à y voir, comme si, moi, je l'avais déclarée. Non, et avant même que l'on ait le temps de s'en apercevoir, tout n'est plus que mine qui explosent.
" Comme il s'agit d'un palais que je me suis construis tout seul, peu importe ce qui lui arrive, au fond. Et chaque fois que je vais me balader en voiture, c'est pareil, tu sais. Mais les jours de pluie, regarder tomber l'eau par la fenêtre, ça aide aussi. [. . .]"
Murakami Ryû - Bleu presque transparent.
En plus il pleut.