Que le monde est beau de crasse.
Comme nos rôles sont beaux, dénués de sens.
Nos bouches ensanglantées ne peuvent que répéter pourquoi,
en fixant ce ciel inaccessible,
Ce ciel qui se meurt en nous renvoyant notre propre détresse d'un battement d'ailes.
Et nous, pauvres pantins, baissons les yeux sur notre bel enfer.
Dans un accès de désespoir, nous brandissons notre poing,
Quand le masque part en cendre,
A cette pute aux volants rouges,
A cette ingrate aux ongles acérées qui nous jauge du regard
Avant de rire en rire en nous écrasant de son talon.
Et quand la belle se penche à notre écoute,
On aperçois du bas de notre déchéance, ses bas si doux.
Elle nous conforte, agitant sa robe en riant.
Et nous, face contre terre, ne pouvons détacher les yeux de la catin au coeur brisé.
Elle danse sur nos malheurs, agitant ses attributs sous nos yeux exorbités et avare.
Plus, plus, plus, on en veut toujours plus.
On s'agrippe à ses jambes, avide, pour lever le jupon défendu.
Des fois, elle nous tend son pied en âme charitable,
Auquel on s'accroche comme un nouveau né tend les yeux vers la lumière.
Et de ses lèvres rouges bordées de haine et de bonté,
Elle embrasse nos peine, nous relevant doucement de notre misère pour une étreinte maternelle
Avant de nous laisser tomber au fin font du terrier du lapin blanc.
Et elle nous regarde, du haut de notre gouffre.
Elle agite la main, balançant la pendule des minutes qu'il nous reste.
On la hait, on la déteste !
La jeter au sol en crachant notre haine serait tellement jouissif.
On ne rêve que d'une chose, qu'elle nous laisse tranquille, elle et sa bonté hypocrite.
Lui arracher sa robe de mensonges tachée de sang et la mettre a nue pour qu'elle se dévoile enfin.
La couvrir de honte en la regardant de haut. Qu'elle se terre dans un coin, sanglotant et gémissant.
Et la laisser seule, en fermant la porte.
Ça n'arrivera jamais.
Cette pute nous tiens d'un seul de ses ongles effilés.
Et jamais, au grand jamais, nous ne pourrons la défier,
Et gagner.
Les Hommes l'aime trop pour qu'elle perde,
Les Hommes la nourrissent trop de mille perles et bijoux pour que la catin enlève sa couronne.
La seule chose que l'on puisse espérer, ce serait qu'elle se lasse de nous,
Et nous laisse tâtonner le sol,
A la recherche de notre c½ur qu'elle aura arraché.
Mais au final,
Qu'est ce qu'on se sent seul, quand elle nous abandonne.
La vie.
Qu'est ce qu'on se sent seul, quand il est parti,
L'amour.
Que tout cela est étrange, ma belle princesse. Mais qu'est ce qu'un renard peut en dire ?
N'est ce pas, Ayanna.
Bah, vous reprendriez bien une tasse de thé très chère ? Il nous reste un peu de temps avant que nos mécanismes ne se brisent.
